La vie du vignoble Mas Angel par Alexandre

Des nouvelles du Mas Angel...

 

Pas de pluie : pas de jus

 

Difficile de clôturer ce chapitre 2017 quand l'enthousiasme n'y est pas...c'est sous un temps un peu grisâtre devant un feu de cheminée que je vais prendre le temps de vous parler de ce maigre millésime.

 

2017 : un millésime où les vignerons n'ont pas eu le droit de vendanger ou du moins très peu.

 

Je vous avais déjà évoqué, dans mes notes précédentes, les contraignant  aléas climatiques de la saison comme la grêle et le gèle...néanmoins  en tout début de saison,  je partais assez confiant pour ces vendanges, grâce à une belle sortie de grappe  dans l'ensemble, un millésime sans une grande pression aux niveaux des maladies cryptogamiques et une bonne disponibilité d'eau durant la saison.

 

C'est en Août que tout a basculé vers la sécheresse, atteignant les 35°C journalier sans plus une goutte d'eau et du mistral.  En 2016 aussi la saison avait été chaude et sèche mais les averses d'août et septembre avaient permis de faire gonfler  un peu les raisins atteignant ainsi des volumes convenables  avant la récolte. De cette expérience, j'ai décidé de jouer à nouveau la carte de la pluie avant de démarrer ma récolte mais cette fois en vain et, à défaut de voir le raisin rétrécir à vue d'œil, je me suis enfin rendu à l'évidence qu'il ne fallait plus tarder à commencer.

 

Cette année la réflexion concernant les dates de récoltes ne dépendait que de deux choses : l'avancement du flétrissement du raisin par rapport à celui des dégâts de sanglier que, victimes aussi de la sècheresse, se sont abreuvé de raisin en dévorant environ le 10% de la production à eux seuls...

 

Lundi 5 septembre, on a donc  ouvert les danses  avec la Syrah, parcelle d'un demi hectare qui demande habituellement une matinée de vendange, qu'on a réussi à plier en seulement 2 heures ! Premier coup dur auquel je ne m'y attendais pas... j'imaginais que les rendements auraient été plus faibles que l'an passé mais pas à ce point : 10hl/ha ! A ce moment-là on pense à tous le travail engendré dans la saison  pour, au final, si peu de récompense...autant vous dire que le moral n'y est pas.  

 

Malheureusement  l'histoire fut la même pour chaque parcelle du domaine...

 

Chaque année, en cave, je prends le soin de séparer les différents cépages et les parcelles du mieux que je peux mais, avec une année où l'on remplit que des fonds de cuves, j'ai dû faire une entorse à la règle. Ce qui signifie, d'ores et déjà, que malheureusement il n'y aura pas de sélection parcellaire de Balinières 2017.

 

Après un premier moment d'intense déprime à cause du significatif manque de volume, j'ai essayé  de me focaliser sur le bon côté des choses...

 

En toute première, on a eu le droit à des vendanges uniquement matinales sans besoin de se presser, ainsi ces petites journées nous ont donné la possibilité de profiter des vendangeurs amis et associés autour de belles tablées épicuriennes...du luxe en plein vendanges !

 

Pareillement le travail a été très soft dans la cave : seulement 5 cuves à surveiller et quasiment aucune opération sur les mouts à pratiquer car, avec une telle proportion de pellicules et donc de tannins, pas besoin de grandes extractions pendant la vinification pour obtenir de la structure.  J'ai plutôt pris le partis de laisser lentement infuser le jus dans leur marc pendant 2 mois afin d'arrondir les tannins et de gagner en structure tout naturellement.

 

Au final la récolte n'aura duré que deux semaines donc,  pour une fois, on ne pourra pas dire que les vendanges m'aient épuisé physiquement.

 

Heureusement, dans l'ensemble, je dois dire que les vins de 2017 sont excellents, grâce au Grand terroir de schiste et à une gestion réussie des réserves hydriques qui a permis aux raisins de préserver leurs fraîcheur, sans que le dégrée alcoolique soit excessif. Les vins sont aujourd'hui tous en finesse et profondeur,  grâce aussi aux longues macérations, tant qu'on pourrait déjà les consommer dès à présent.

 

Pour ma part je vais hiverner en  en me consolant avec les bonnes cuvées de 2016, que je ne pourrais malheureusement pas reproduire cette année, et en savourant les délicieux vins blancs de Sybil en sa compagnie...et vivement le prochain millésime !

 

§§§§§§§

2017, un beau millésime mais pas pour tous

 

Je profite de cette période un peu plus calme pour vous faire part de mon ressenti sur ce millésime 2017.

 

Tout d'abord sachez que 2017 restera ancré dans la mémoire des agriculteurs comme l'année des catastrophes climatiques.

 

Pour commencer un hiver chaud,

 

Qui a fait démarrer la saison avec deux semaines d'avance, malheureusement en fin d'avril un froid ravageur a gelé plus de la moitié du vignoble français, en région Languedoc-Roussillon 45 000ha ont été touchés par le gel, entraînant bien sûr une grande perte de récolte à l'arrivée.

 

Sur Faugères cet incident n'est heureusement pas apparu.

 

Le printemps était assez lent à démarrer,

 

Des températures ayant du mal à atteindre les 25°C et des pluies hebdomadaires de 10mm, qui n'est pas un mal pour autant car les sols ont pu faire une réserve en eau pour l'été. Cependant (un paysan n'est jamais content) il a fallu protéger régulièrement le vignoble d'attaque des champignons cryptogamiques comme le Black Rot et le Mildiou.

 

Juin 35°C journalier tout va bien,

 

On retrouve le climat méditerranéen, la vigne a rattrapé son retard en croissance, la floraison des grappes se passe à merveille et sans coulure (avortement de la fleur).

 

Passons maintenant à Juillet,

 

Avec de nouvelles catastrophes naturelles, la grêle ! Et c'est le secteur du Beaujolais qui tire le numéro gagnant, déchiquetant plus de la moitié du vignoble et s'il y avait des jaloux, le 30 Juillet un nouvel orage s'abat sur l'autre moitié du vignoble, la Champagne ne fut pas épargnée par la même occasion. Sachez que ça fait 3 ans que les vignerons du Beaujolais subissent des gros aléas climatiques, donc si vous trouvez que les vins de Beaujolais sont ou vont être plus chers que d'habitude, inutile de se plaindre et achetez une bouteille vous sauverez un vigneron.

 

Sur Faugères on continue à toucher du bois ou penser qu'il y a une bonne étoile au-dessus de notre tête...

 

Juillet a été assez stressant dans l'ensemble, chaque semaine on a eu le droit à de violents orages avec une fois des mini impacts de grêle, non point alarmant, mais histoire de vous rappeler que dans ce métier vous marchez constamment sur une corde raide.

 

Aujourd'hui nous sommes en août, les vignes et les raisins sont sains, il fait beau, les plantes ne manquent pas d'eau, et je pense que les vendanges débuteront la 1er semaine de Septembre soit une semaine plus tôt que l'an passé. Sachez que vous êtes les bienvenus pour venir couper du raisin et passer un bon moment en cette période de récolte qui représente l'aboutissement d'une année de travail.

 

§§§§§§

 

 

Une récolte inattendue

 

Le terroir de Mas Angel ne cessera jamais de me surprendre,  encore une fois il a su s'adapter au millésime avec une telle souplesse... La biodiversité qui est installée en étant probablement  la raison, le sol et la vigne ont réussi une parfaite symbiose avec le climat chaud et sec de cette année. Pas une seule goutte de pluie de Juin à Septembre, mais les vignes sont toujours vertes, elles ne montrent aucun signe de stress hydrique et les sols sont pleins de vie, recouverts de fleurs et d'insectes.

 

Jusqu'au 8 Septembre les vignes ont fait  une " pause ", le raisin n'évoluant plus, les sucres étaient bas avec une acidité très élevée et surtout les raisins étaient  vraiment tout petits...sans savoir quoi penser  j'ai laissé l'inquiétude me monter un peu à la tête.

 

Enfin le 10 septembre,  10 inespérés mm d'eau qui viennent nous sauver la récolte !

 

D'un coup  la vigne s'est débloquée et les raisins ont pu reprendre leur maturité, pour les cépages plus précoces tels que l'œillade, l'Aramon et le Cinsault. Cette petite quantité d'eau a permis de rendre charnus les raisins et de leur apporter plus de fraîcheur.

 

Début des hostilités le 12 septembre avec les vendanges de Cinsault et Œillade pour la cuvée " Clin d'œil de Balinières ", puis on attend et on y croit.

 

Le 15 septembre à nouveau  10mm d'eau, je ne pouvais pas rêver mieux ! J'attends donc quelques jours que la plante assimile correctement l'eau et que le raisin profite bien de cette nouvelle petite gorgée.

 

Les vendanges ont repris  le 20 septembre avec l'Aramon et la Syrah, un millésime fantastique pour ces deux cépages. L'Aramon qui d' habitude ne mûrit jamais pour en faire du rouge et qui se fait dévaster chaque année par les sangliers, avait un état sanitaire rarissime, et il m'a même murmuré à l'oreille : " Fait de moi un Rouge enfin !".  Je l'ai écouté et le résultat est époustouflant. 

 

La Syrah, je pense que c'est celle qui m'a le plus étonné, les 20mm d'eau ont triplé la taille des raisins avec une fraîcheur irréprochable. Chaque année je remplis difficilement une cuve de 20hl alors que cette année il a fallu une 30hl ! Le vin qui en sort est magique, mur, frais, équilibré aux parfums de groseille et framboise. Et je l'annonce, un lot de cette Syrah sera mis en bouteille seul au printemps tellement c'est bon !

 

Puis le 25 septembre...la date où tout aurait pu basculer ! A ce moment-là j'étais très enthousiaste, les raisins que l'on avait rentrés étaient magnifiques, les fermentations en levures indigènes et sans sulfites se déroulaient très bien et les jus étaient délicieux. Mais voilà qu'à 17h, venu de nulle part un orage imprévu et très violent s'est abattu sur Faugères ; 15mm en 10 minutes, me laissant un poil angoissé (car cette eau n'était plus indispensable et la moitié du vignoble n'était  toujours pas vendangée) mais je reste confiant en mes vignes et mes raisins. Puis soudainement la grêle surgit !!! Les 20 secondes plus longues de mon existence je crois. A cet instant mon visage a dû virer au blanc et mon moral est tombé dans les chaussettes... Une fois la grêle passée, j'ai couru dans les vignes avec Sybil pour voir l'étendue des dégâts, et par chance...aucun dommage ! Ouf, quel soulagement, j'ai vu la fin d'un grand millésime passer de très près.   Cependant il reste tous les grenaches et les carignans dehors, et cette pluie pourrait créer des départs en Botrytis (pourriture) sur les raisins, il reste 4ha à vendanger donc 4 jours de ramasse.

 

On a enchaîné  les vendanges dès le lendemain sans traîner avec les grenaches, les vendangeurs sur motivés à rentrer les raisins avant qu'ils ne pourrissent. Et de nouvelles surprises apparaissent...le grenache qui avait coulé (avortement de la fleur) au printemps avec une estimation de pertes de 40% de son potentiel de récolte, a battu les scores avec un inattendu 40hl/ha au final ! Du raisin à ne plus savoir où en mettre ! (faut savoir que l'an passé sans le problème de coulure nous étions à 25hl/ha...).

 

Dulcis in fundo nous voilà arrivés aux 29 septembre, enfin le dernier jour avec les beaux Carignan de Balinières! Un seul mot d'ordre dans les vignes : " si vous trouvez du raisins pourri c'est sur la tête de votre voisin ! " Bizarrement c'est une consigne que l'on n'a pas besoin de dire deux fois... et avec un tri draconien à 17h les vendanges furent officiellement terminées !

 

Je tiens à remercier les associés, Sybil et ma superbe équipe de vendangeurs (stagiaires Aveyronnais compris...) qui ont su dans la joie et le fou rire accompagner mon année de travail jusque dans les cuves !

 

§§§§§§§§§

Synthèse d'un millésime marquant

 

Le millésime 2016 restera longtemps dans la mémoire des vignerons car il est le symbole des bouleversements climatiques.

 

A commencer par son hiver chaud et sec.

 

Pas une goutte d'eau, je taillais la vigne les trois quarts du temps en tee-shirt et vers la fin janvier les premiers signes de débourrement se manifestaient. En mars tout type de végétation : vigne, arbuste, arbre avaient deux semaines d'avance sur leur cycle de croissance.

 

Un printemps très perturbant.

 

Sur Faugères on peut le résumer en deux mots : pluie et humidité. De grandes averses au mois d'Avril qui ont néanmoins permis de compenser le manque d'eau en hiver, et ensuite jusqu'à fin Juin des petites averses hebdomadaires variant entre 5 et 10mm, juste assez pour le bon fonctionnement des champignons qui se développent à cœur joie sur la vigne. Ce genre d'incident est contrariant mais gérable. Cette météo a ralenti considérablement la croissance de la vigne ce qui lui a permis de perdre son avance. 

Mais dans d'autres endroits, les pluies étaient tellement abondantes et régulières que le mildiou a fait de gros dégâts créant des pertes de récolte allant jusqu'à 60% !

Un autre fléau s'est manifesté dont on n'avait pas l'habitude, l'escargot. Cet animal s'est mis à monter sur les pieds de vignes et a trouvé que les jeunes pousses étaient à son goût, et quand on compte en moyenne une cinquantaine d'escargot par pied, autant vous dire que ça fait des ravages !!! Par chance on n'a pas eu ce souci à gérer dans nos vignes.

Mais plus grave encore, il s'est produit des phénomènes qu'on ne peut prévoir : le gel et la grêle !!! Vallée de la Loire, Bourgogne, Beaujolais, certains vignerons ont su qu'ils ne vendangeraient pas dès le mois d'Avril.

 

Passons maintenant à l'été.

 

Il a tardé à montrer le bout de son nez celui-là, la hausse des températures a commencé à partir de mi-juillet et après ça des moyennes journalières de 35°C sans une goutte d'eau, provoquant  un gros stress hydrique dans certains secteurs du Languedoc. Aujourd'hui les vignes du Mas Angel supportent assez bien ces grosses chaleurs, elles ne montrent pas de signes de manque d'eau, probablement dû au travail de non labour des sols et à la préservation de l'écosystème.

A savoir que des collègues vignerons dans le département de l'Aude, n'ont pas vu d'eau depuis 11 mois ! A ce stade on pourrait considérer cela comme une catastrophe naturelle, car dans le peu de raisins qui sont sortis il n'y a que les pépins et la peau, et la vigne elle-même est en dépérissement total !

 

 

Je vais terminer ce paragraphe en honneur aux vignerons du Pic-Saint-Loup qui ont TOUT perdu l'après-midi du 17 août. Un orage de grêle s'est abattu sur 800 ha et a tout ravagé, des grêlons gros comme des balles de ping-pong dévastant toute la récolte, et la vigne qui s'est retrouvée totalement nue comme en hiver, sans plus aucune feuille et les bois déchiquetés.

 

Imaginez le désespoir, après une année de travail à tailler, palisser, traiter bichonner sa vigne comme un enfant, et là deux semaines avant récolte, un élément contre lequel vous ne pouvez rien faire, vous détruit tout ! Et il ne vous reste que les yeux pour pleurer. C'est la hantise de tout vigneron qui se respecte.

Ce qu'il faut savoir lorsque l'on subit un  fléau de cette envergure, c'est que non seulement vous ne récolterez rien du tout, mais aussi que la vigne mettra au minimum 3 ans avant de s'en remettre, l'année prochaine les vignerons ne seront pas sur quoi tailler, la vigne poussera comme buisson dans tous les sens, elle sera hyper sensible aux maladies et ne produira quasiment pas de raisin.

Et un point que les journaux n'abordent jamais, c'est l'avenir de ces exploitations viticoles, certains commençaient leur première année d'installation, d'autres étaient déjà limite en terme de finance, et croyez-moi ce ne sont  pas les assurances ni les banques qui vont aider ces vignerons à sortir de leur cauchemar. On sait tous que des exploitations viticoles vont mettre la clef sous la porte car elles n'auront pas les moyens économiques pour continuer.

Désolé pour ce passage déprimant, mais il faut savoir qu' être vigneron c'est aussi vivre de durs moments.

 

Revenons à nos moutons.

 

Aujourd'hui dans les vignes du Mas Angel, les raisins sont sains, ils ont préservé leur acidité mais tardent à mûrir du fait qu'il n'a pas plu depuis deux mois, un bon 20/30mm d'eau permettrait d'accélérer le phénomène de maturité et de grossir les raisins, à savoir qu'il y a deux semaines de retard par rapport à l'an passé.

Dans tous les cas on part sur un beau millésime et sachez que vous êtes les bienvenus dans les vignes.

 

§§§§§§§§

En direct des vignes,

 

Avec un printemps très pluvieux, les réserves en eau sont présentes, le feuillage est d'un vert brillant à vous éblouir, et les pressions maladies semblent se calmer. Cependant, il reste encore un mois où tout peut basculer, restons sur nos gardes... L'enherbement total que j'ai instauré depuis deux ans, limite l'évaporation précoce de l'eau en sous-sol, tandis que chez les voisins, les signes de stress hydrique se sont manifestés depuis quelques semaines (feuilles qui jaunissent), un gage de qualité qui prouve le bon fonctionnement des sols.

 

Mais tout n'est pas rose pour autant,

 

Mère nature nous a rappelé que l'on ne peut pas toujours lutter contre le climat, pendant la floraison des grappes qui s'est faite début juin, de légères pluies régulières sont tombées sur la fleur, empêchant la chute des capuchons (avortement). Non fécondées, les fleurs se dessèchent et tombent, sans donner de graines, donc pas de raisin ! Ce phénomène s'appelle la " coulure ". Certains cépages sont plus sensibles que d'autres, on les nomme les cépages " coulards ", et le grenache en fait partie ! A vue d'œil, je dirais que l'on a une diminution de raisins de 40% sur le Grenache, et 20% sur le Carignan... Mais que voulez-vous, être agriculteur c'est aussi accepter les aléas climatiques, sinon autant faire des boîtes de conserve !

 

Dans la cave,

 

Les cuvées 2015 s'élèvent gentiment en barrique, tout se passe bien, sans avoir vu pour l'instant une goutte de SO2 (sulfite) ou autre produit insignifiant que nous préconise nos chers œnologues...

 

§§§§§§§§§

En attendant l'été...

Ce printemps a été bien mouvementé avec une météo capricieuse, alternant journées chaudes et pluvieuses avec nuits humides. Résultat : les champignons s'en sont donnés à cœur joie dans les vignes et l'herbe coupée à la débroussailleuse ne cesse pas de repousser. L'abnégation que la vigne exige dans un début de saison si compliquée a littéralement absorbé tout mon temps, mais l'essentiel est qu'aujourd'hui le vignoble que vous me confiez est parfaitement sain et les raisins répondent à l'appel. Nous nous retrouverons à l'assemblée générale fin juin,  il y aura le temps de discuter du millésime lors d'une balade dans les vignes.

 

La bonne nouvelle du mois est que les vins de Mas Angel ont passé haut la main le test de résidus phytosanitaire, une preuve concrète que notre travail artisanal dans les vignes et à la cave garantit la bonne santé du vignoble. Pour voir l'analyse : cliquez ici.

 

C'est l'printemps !

Le printemps se fait ressentir sur Faugères et les sols exaltent de bonheur du fait de  l'enherbement naturel sur nos vignes, signe d'une belle attractivité de la vie microbienne.

cerisier en fleur sur la vigne enherbée du Mas Angel

Regardez cette photo prise hier : Derrière le cerisier vous pouvez comparer deux vignes : une à gauche cultivée de façon conventionnelle et la nôtre à droite cultivée de façon naturelle....

Cherchez la différence ;-)

 

Les vignes pleurent ! Comment?

 

A la mi-mars la vigne pleure, expression vigneronne signifiant qu'il s'agit du 1er signe extérieur du passage de la vie ralentie à la vie active. Elles sont le simptome du réveil de la vigne après le repos hivernal, la dormance.

Des gouttes apparaissent au bout de chaque rameau sectionné lors de la taille. L'apparition de ce phénomène est liée à l'allongement des journées et aux températures plus chaudes provoquant le relèvement de la température du sol. Ils nous indiquent la reprise d'activité des racines.

Chaque cep va alors perdre entre un demi-litre et cinq litres de sève.
La présence de bactéries dans le liquide contribue à former une masse gluante à la surface des plaies qui provoquera, au bout de quelques jours, l'arrêt de l'écoulement.
Pour nous, c'est un moment délicat car la vigne est très sensible aux gelées.
 

§§§§§§§

Le climat chaleureux de 2015 se poursuit en ce début 2016


On ne peut pas dire qu'il y ait vraiment eu d'hiver pour l'instant, et le printemps se fait déjà ressentir. Dans les vignes, les premiers pleurs (montées de sève) se sont manifestés sur les cépages les plus précoces (aramon). Habituellement, ce stade de la vigne ne débute pas avant début mars.
Ce phénomène climatique m'oblige à tailler les cépages plus précoces en premier (normalement c'est l'inverse). Mais ceci n'est qu'un changement d'organisation. Ce qui met la peur au ventre, ce sont les bourgeons éclos sans être à l'abri d'un gel hivernal en février; ce qui peut créer ainsi la mort des jeunes pousses.

 

Mais parlons de choses plus joyeuses

Ce samedi 30 Janvier nous avons décuvé les derniers rouges 2015, ou disons plutôt "détonné " vu que la macération s'est faite en tonneau. Un grenache rouge 100 % qui représente bien le millésime 2015. Ces 4 mois de macération font de ce vin quelque chose de surprenant que je vous encourage à venir découvrir en cave.

macération du raisin au Mas Angel   macération du raisin au Mas Angel

 

Le millésime 2015 a fait naître 3 nouvelles cuvées

Le vignoble du Mas Angel est doté d'une parcelle, plantée dans les années 50, de 3 cépages différents dont un qui est aussi rare que l'aramon, ces cépages sont :
- Oeillade : vieux cépage autochtone qui a disparu des surfaces de productions depuis qu'il ne fait plus partie du cahier des charges de l'A.O.P, il est un parent génétique du cinsault.
- Carignan : autrefois le vignoble de Faugères était en majorité du carignan, mais vue sa difficulté culturale il disparait de jour en jour.
- Grenache : c'est le cépage qui représente le mieux le Languedoc-Roussillon.

En réalisant ces 3 mono-cépages, je veux démontrer la qualité de notre terroir unique de schiste, mais aussi la grandeur de nos cépages. En Bourgogne, ils ont un seul cépage mais une grande diversité de terroir. Nous nous avons un terroir magnifique avec une grande diversité de cépages.

vignoble du Mas Angel

 

En ce début d'hiver 2015/2016

En décembre, j'ai réalisé la nutrition des sols, j'ai épandu du compost animal à base de fumier de bovin, volaille et cheval à hauteur d'une tonne / hectare. L'objectif du compost est de nourrir le sol à travers la matière organique qu'il contient. Et par la suite, le sol va nourrir la vigne contrairement aux engrais chimiques qui nourrissent directement la vigne en appauvrissant la matière organique du sol.
 
La taille commence uniquement maintenant. En effet, le froid  ne fait qu'arriver de qui permet à la sève se trouvant dans les sarments de descendre jusqu'aux racines afin de favoriser le repos hivernal et engendrer ainsi un bon départ au printemps.
 
En cave, les vins se goûtent bien, les fermentations malolactiques (transformation d'acides instables en stables) sont terminées et à ce jour, aucun vin n'est sulfité (pour notre grand plaisir et pour votre santé)

 

Bilan des Millésimes 2015

La saison 2015 ne fut pas simple à gérer, avec son printemps humide et son été caniculaire. Cependant le résultat est prometteur.

Nos terroirs de schistes ont fait parler d'eux même. Grâce à leur capacité à garder l'humidité en sous-sol, nous avons acquis des raisins murs tout en préservant leur fraicheur et acidité, procurant ainsi des vins fins et élégants. Lors des fermentations des odeurs de garrigue embaumaient toute la cave.

Les vignes du Mas Angel sont sur des terroirs très caillouteux, hauts en altitude, avec une moyenne d'âge de 50 ans. Cette symbiose nous fait des vins de caractère, offrant de la minéralité et de la tension, aux parfums de fruits noirs et de garrigue.

 

Nous avons hâte de vous présenter les nouveaux nés 2015 au printemps prochain.

Retour à l'affichage des informations
Informations
La vie du vignoble Mas Angel par Alexandre

Des nouvelles du Mas Angel...

 


+ en savoir plus
Alexandre explique l'utilité de l'enherbement total
Alexandre explique l'utilité de l'enherbement total

+ en savoir plus
Dépôt de Mas Angel sur Rouen !
Dépôt de Mas Angel sur Rouen !

+ en savoir plus
Nous sommes fiers d'avoir, cette année encore, un blian phytosanitaire vierge de tous résidus.

+ en savoir plus
Afficher toutes les informations
2018 © Mas Angel Hébergement & Support Le plus du Web - Création graphique Pratikmedia - Agence web à Rouen